Ouverture

_____________________ Le Dé

__________________________ L’ire des temps

 

________________ De l’ineffable 

_____________________________ Au multiple

___________ Des âmes fragmentaires 

__________________________ A la puissance

_____________________________________ singulière

 

__________________________________________________

 

 

_______________ Ébauches 

_________________________ De traits 

_________________ & d’Archétypes. 

 

 

Emmanuel Lebourg

Au Théâtre d’Hécate – à A. D.

Les feuilles mortes de l’automne ne valsent plus,

Les temps anciens sont révolus.

Les feuilles mortes gisent las, dans la crasse des caniveaux,

Les temps modernes rythment leurs oripeaux.

Kipling se meurt, et ses maximes se consument à l’aune de son infortune.

Son râle caresse la chair de l’enfant mort-né

Quand les valeurs crissent leurs tourments derniers.

Chimère est veine de solitude.

Inféconde, les bâtards ruent son verbe et miment sa prose

Quand son amertume souffre la ciguë aux portes closes.

Le mépris juvénile les taguent d’une prude

Moraline que le héraut mêle à sa nécrose.

Chimère est vaine désuétude.

 

 

Emmanuel Lebourg

Dessine-moi une histoire… – à K.M.

Au crépuscule, l’étendue chaste des collines pleut des pierres de lune.

La bruine file les traits opalins d’une brune silencieuse et discrète.

Une brise légère effleure sa chevelure,

__________________________ Laisse entrevoir un visage serein

______________________________________________ Aux notes graciles. 

Une braise grésille et croît, furtive, au rythme d’un souffle charnel 

Tandis que des bris d’escarbilles s’envolent, volages, au gré de sa flâne. 

Le tumulte frêle des branches feuillues ne la trouble pas. 

Elle musarde quelques vétilles, posée contre la roche, tranquille.

Elle fume, passive, les yeux noisettes emportés par le vague d’intemps

Dont les mélodies s’éparpillent, secrètes, et parsèment son corps,

Simple écru que cisèle l’ivoire au couchant. 

 

A la manière du hiboux, ses prunelles percent une nuit aux courbes indicibles. 

Elle essuie douleurs et tourments d’un oubli qui l’enchair et l’ânonne ;

Ô douce enfant à qui échoit la sentence dernière,

Ton cœur bâtonne de présence et d’absence,

De l’angoisse d’un futur qui s’embourbe de myrrhes aphones, 

Au fiel sillon que ton rire innocent élude

A l’oraison de ton chagrin.

 

Sa main rehausse une mèche rétive, geste délicat qui détonne le chœur salin

De cette jeune fille qui oscille de joies et de peines,

_______________________________ Pour autant sobre et ténue,

___________________________________________________ Touchante et paisible.

Ses yeux pâles et nébuleux scintillent leur lie

Quand ses lèvres, qui s’égayent, cèdent à l’éclat

D’un sourire aux fossettes câlines.

Un vent fantasque veille ses ébats

Quand sa langue, espiègle, claque ses canines

D’un air vif dont la sève sémille en trousse vermeille.

 

Insouciante, elle hausse les épaules, néglige son ennui et faseille.

Elle empile quelques ramilles

___________ Et bricole et dessine de touches badines ces brindilles

Qu’elle enveloppe de grès et de folie.

Ses mains écument les charmes de Pénéloppe,

Elles s’amusent et trottinent sa désuétude

Qu’elles tissent de cannetille au plaisir futile des dieux.

Ainsi, la belle ingénue étoffe et chine, heureuse et prude.

 

A l’issant d’un silence tout en zèle retenue,

Je la découvre, gourmande, candide, éprise de menues mignardises,

De ces pommes d’or qu’en rêve et pour elle je subtilise,

Hespéride dont les pas sautés révèlent les traits contrits et confus du pêcheur.

Sans heurts, elle m’assote et je m’entiche, prélude

Au marivaudage courtois de cette nymphe

Que je lutine et qui rougit

Bagatelle enfantine que dépeint l’aurore

Aux effluves sucrées de nos corps d’encens,

A l’orée du printemps.

 

 

 

 

 Emmanuel Lebourg. 

Torsions sanguines – à F.L.

La ritournelle se joue de mes dés, chaque année

La joie parade la tristesse lorsque le soulagement se charge de regrets.

Le corps se vide alors de liesses éthérées mais fallacieuses.

D’aucunes le néantisent et d’entre ses masques chevaleresques

Transparaît sa couardise, terre aride aux notes fantasques

Tressées d’Ambre et de Jasmin.

Mes canines crissent cette mélopée en une tragédie douce et grinçante

Qui n’a de cesse de ronger et nourrir mes chairs aimantes

Tandis qu’elles s’estompent dans les fêlures d’un boléro

Au grondement hasardeux.

 

La Chance orne le partage sulfureux de nos caprices, nos rires et nos misères,

Arables mignardises aux regards complices et chaleureux.  

Apprécier ces mets ronds et sucrés nous poussent au sourire

_______________________________________ En présence de leur sœur Famine

Qui reprend ce qui fut donné au concours fortuit d’ardélions falots et grotesques.

Cette faim est Absence, réponse élégante à une bataille perdue par avance,

Où les muscles embrassent le péché et brassent un air sibyllin,

Jusqu’au poing de leur rupture, quand leur déchirure s’étend aux os

Qui eux-m’aiment se disloquent.

 

Arrimé au port, celui-ci s’enflamme et me consume comme le cigare que j’embrase

A l’aune de ma compagne Mélancolie.

Ainsi ! J’avance et recule, je stagne et jamais ne m’arrête. 

J’insuffle une mouvance, vétille d’un Orme qui m’enivre et me scarifie,

Sacrifiant le sublime aux portes de mes peurs.

Las, j’ignore ce que je suis, je prétends à être,

Métaphore d’un caractère noble au voile lâche et soyeux.

Harassé, je me retranche aux veines de mon imaginaire,

Où le temps se révèle intemporel et mon allure racée préfigure ma victoire

Aux thermes de souffrances confuses qui forgent ma gloire.

Je confis ma vanité par le miel de ces glaires qui connaissent et expriment ma peine,

Cri d’iode qui s’écoule et perle mon visage,

_______________________________ Râle inconnu d’un Dragon qui naît sans être.    

 

 

___________________________________________ Emmanuel Lebourg. 

Du Rire défroqué – à T.P.

Le rire, saisie lettrée d’une larme qui s’échappe et éclate ; 

Cri fortuit au seuil d’une nuit 

____________ Que caresse les plumes d’un aigle

_______________________ Aux ailes bleuies par la poésie des hommes. 

L’astre solaire s’écoule dans les travers de l’animal,

Sa chair se joue d’harmonies et de saccades,

Fulgurances amorales qui affinent un imaginaire aux traites diluviennes. 

 

Avide de souillures, aux tréfonds du marécage,

___________________ Le rat figure l’infâme et rit, d’un rire bas et sordide. 

Sa truffe se déforme en un rictus vain et burlesque

___________________ Tandis qu’il se ceint d’ordures inodores. 

Son spectre le fuit et fredonne les Maldoror en une danse fertile et pimpante. 

Léger, il se divinise et rit, rire des vins aux tonalités monstrueuses 

___________________ Qui frappent d’effroi d’hagards voyageurs. 

La nuit est son berceau, innocent et trublion, 

___________________ Quand le jour s’édifie et se dépense,

Jouissance abscons qui panse les nervures

___________________ Et bave les stries d’une Gorgone assassine

Et protectrice. 

 

Est-ce ainsi que Perséphone, délicate enfant, sourit amoureusement aux hommes ? 

Caprice enfantin au soliloque épris de Narcisses, tu naquis, Ô toi que j’inter-pèle

Écales-tu tes yeux au crépuscule de tes nuits ? Hé-Las, Tôt ou Tard m’éblouit,

Jumeaux de faïence dont l’heure des fiançailles s’ébat au somme dis-pend-Dieux

Du parjure.

 

Groggy, je m’écrie : « Qu’en se-rat-il demain ?! »

Je croise alors l’Ébéniste qui m’entaille et m’évince

__________________ D’un chant aigre mais guerrier.

Cottes à cottes, nous buvons un armagnac

__________________ Qui lèche nos plaies à la gloire d’Arès.

Engnôlé et gaillard, l’Artisan rit, d’un dé-lyres triste au cent voix des Chênes.

Insomniaque, il se confie en-fin et rue son verbe de silences aphones :

« Le Trusquin virevolte et s’affaisse, 

__________________ Sangpiterrenelle ritournelle vouée à l’angoisse

____________________________________ Et son oubli… »

 

 

 

_________________________________ Emmanuel Lebourg

De l’Attente – à G.B.

L’agir s’entrelace de moments vertueux,

Monstres d’antan dont les crocs saignent une danse qui se déchire.

Dés temps s’allongent et se figent

________ Alors que leur femme l’Attente nous éprend de vertiges.

 

L’ankylose grelotte nos os et se complaît de regards effarés ;

Las, nos chairs éparses s’enchevêtrent d’enzymes aux menottes frêles et carnes. 

Nos cellules s’unissent ainsi d’une seule larme,

_______ Et la pénitence du cœur échoit à l’itinérance de l’esprit. 

 

L’orage éclate, instincts rieurs criant une agonie crasse. 

Le Chaos mêle l’angoisse à la chance en une guerre salvatrice

Qui égraine la mort.

Ergo, la volupté crisse une nuit que la Volia abhorre,

Vanité aux complaintes religieuses

Où l’absolu se mue en malaises défectibles. 

 

Vide et Hasard, ces frères ennemis, se prélassent et se houspillent,

Rêves acérés Ô veules Chairubains. 

L’ire des bonnes gens ne voile que l’Absence qui les ronge ; 

Ces déchets eaux corps sanctifiés grêlent et saccadent leurs rythmes

De peurs socles qui les néantisent.

L’espoir disloque leur pauvreté quand la crainte vrille les risques

D’une esclaffe multicolore. 

 

Enrobée d’une aube brumeuse, la Lune les enlumine avec dégoût

Et, d’un mépris grandiloquent, vocifère une Vérité imbibée de soufre :

Amen mes frères, amen mes sœurs, puissiez-vous crever dans ces guenilles

Que je putréfie chaque matin que Dieu occit de bonheurs sombres et ineffables. 

 

 

____________________________________ Emmanuel Lebourg

Aux terres affables – à B.R.

Au chœur d’un terrier, un souffle cajole les frênes.

Ô crépuscule de mon éden, marronnées par la grêle,

_____________________ Mes boucles gesticulent et fourmillent,

Bêtes éperdues à l’issant d’une burle aux complaintes sereines.

 

Le duvet de l’herbe détrempée s’enchevêtre de ronces qui écorchent mes chairs

Tandis que je fuis les Ancêtres aux sentiers ébattus. 

J’erre par les forêts, pécore aux vers naïfs que fredonne la dote,

Engeance amère et volage, aux cens côtes de Sisyphe.

 

A l’aube, la flore printanière lèche mes narines

_____________________ Alors qu’un écureuil s’échine

Et grappille au noyer quelques maigres subsistances.

A sa vue, mon rire bedot vrille en un repos débonnaire

_____________________ Au fard vulgaire et scabreux.

 

Ergo, j’éparpille mes sangs au détour de buissons qui grelottent en silence.

Quelques bruits craquettent leur lie d’airs sinueux et barbares

Auxquels j’arrime mes déboires et tremble mes larmes.

 

Ô récifs de félicité, vous sanctifiez à la gloire des Faunes l’innocence de mes gammes

Quand j’égraine pour vous la joie sibylline de l’idiot

_____________________ Sur l’autel de Chimères-infants qui déclament, rieurs,

Une mélopée aux rythmes de flots enchanteurs. 

 

 

 

______________________________________ Emmanuel Lebourg

 

 

 

 

Courante

_______________________ Deuxième Moment 

 

_________________________ « ? »

 

 

 

_______________________ Première Période

 

____________________ « ?

________________ ? »

 

 

 

 

Emmanuel Lebourg

Retour Discursif – à F.L.

Réécrire, fœtus aux teintes bleuies

_________________ Par le temps passé et l’ire des aînés. 

Ce geste nous ausculte alors que nous le sculptons,

_________________ Avec finesse et brutalité. 

 

Des jours durant, l’Oubli, ce maître consciencieux, nous soufflait sa mélodie

Tandis que le Corps gardait les stries

_________________ D’un barde aux cendres blanch-âtres. 

Sa plume jouait, frivole, l’aura d’un squelette 

_________________ Qui rougeoyait à l’aube de son éternité.

 

Son sang imprégnait une page aux veines nébuleuses

Avant que la Chair ne crache son Autre, animal mythique

Qui suinte la disgrâce et l’effroi.

Ses tripes se nouèrent et, scélérat, son esprit déglutit, avec lenteur

_____________________________________ Et dégoût.

Las, sa demeure se fendait de tempêtes océanes,

Ivresses aux courbes fanées, empreintes de sourires 

 _____________________________________ Bariolés par la peur.

 

Réécrire, ou déborder le pli d’une fin abrupte, 

De ce comédien qu’on laisse choir

_________________ Aux tumultes fastueux

_____________________________________ Des Masques d’Airain.

Réécrire, souvenir d’un miroir dont les traumas s’éveillent 

_________________ Et s’arc-boutent 

_____________________________________ De Rires goguenards.

Rêves enchairés scandant à l’unisson

_________________ Le caprice d’un Orme Gê

_____________________________________ Qui danse la Genèse des Mors.

 

Et l’on se confronte aux fragments de nos cernes, 

_________________ En une lutte fratricide au destin faillible,

Où nos muscles atrophiés s’écalent à l’ère d’Essaim,

_________________ A ce Rire écarlate que la Joie entonne,

Souffreteuse mais tenace, 

_________________ Dont les efforts vainquent en-faim

_____________________________________ Les serfs de la Fortune.  

 

 

________________________________ Emmanuel Lebourg

Deux voiles ventées – à M.P.

Mes yeux percent et dispersent leur entourage

D’un regard frondeur brisent un miroir opaque

Dont les éclats crèvent mon œil Kalonophage.

 

La vie gicle et s’éparpille

Elle se meut vêtue d’oripeaux,

____________- De vieilles guenilles

____________- Aux traits abyssaux.

 

Elle touche, tâtonne et saisit quelques fragments éparses

Qu’elle empoigne et fait sien

____________- D’un coup de mâchoire qui lui écorche la chair.

Nécromancien, elle rend vie à ses traînes-misère

____________- Dépareillés de toute beauté, fine et amère.

 

Mon corps s’ordonne Acéphale

Il broie les vertèbres d’aveugles aphones et vaniteux.

Son ère sang-sens nyctalope lorsque mes tripes chantent l’Aura

De pulpes qui se noient et dévorent un sentiment Ô glorieux ineffables.

L’instinct voile alors les cents et cavale l’essence aux grâces nébuleuses.

 

Mes chairs affables suintent les charmes de myrrhes enjôleuses

Quand tes courbes apostillent à l’issant de ma gueule 

___________________________ Les gemmes qui houspillent Até

Paradent et étreignent mon écorce d’une caresse naïve

___________________________ Au péché sibyllin. 

 

 

 

 

Emmanuel Lebourg

Tocsin le Fabuleux – à M.P.

Enfantin, 

________ L’Esprit se meut,

Il esquisse, 

________ Serein,

Un château ensablé 

Mirage complaisant 

________ Au relent lâche mais ailé.

 

Chronos le chasse,

________ Paladin au vice aneransaint

Sa crasse ôte son masque au Mage fastueux,

________ Imaginaire et infertile.  

 

L’odeur, les traits joueurs, l’air et la voix ivre

________ Lui écorchent le corps

________________ Qui vibre et palpite 

Arthrose au délice amer. 

 

De ce calice qui altère le tocsin

Orphée corrompt l’engeance.

Il chute aux enfers,

________ Mirmillon

________ Dont la symphonie se verra putréfiée 

________ D’un réveil enchairé. 

 

Enamouré, il rit de ce destin 

Dont le pus dégouline et s’effrite au visage de Kairos

Ce merle moqueur qui hausse le sourcil

________________ Et se vomit de regrets enchanteurs. 

 

 

 

Emmanuel Lebourg

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